Octobre 2019

Cet automne, un ami m’a emmené voir un événement fascinant: le brame du cerf. Dans mon Jura, les chants d’amour de cette bête mythique ne résonnent plus depuis longtemps, mais  ce n’est plus qu’une question de temps car le roi de la forêt y est de retour.
A la fin de l’été donc, nous nous sommes retrouvés dans les Préalpes, à parcourir ces montagnes à la recherche d’indices, à construire des affuts où nous pourrions dormir l’automne venu. Puis le brouillard a gagné les cimes et les premiers brames se sont fait entendre. Chaque week-end nous nous sommes postés à l’affût, séparés pour maximiser nos chances.
Ce matin là, les yeux encore mi-clos, j’aperçois deux bois se profilant derrière la crête. Quelques secondes plus tard, il est là, dominant fièrement la vallée. Un brame retentit derrière moi, un concurrent approchait. Les deux mâles se sont répondus, emplissant la vallée de leurs voix profondes. D’une démarche assurée, ils se sont rejoint dans la forêt, mais seuls les vieux sapins ont connu le mot de la fin.