Septembre 2020

Il y a quelques jours encore, les vents du sud ne semblaient pas vouloir céder leur place à la bise. Les arbres s’agrippaient à leurs feuilles vertes, les chamois n’avait pas troqué leurs robes brunes contre un manteau noir. Un matin, les flocons sont tombés délicatement sur le tapis d’herbe fraîche. La forêt s’est tue. Seul le craquement des branches cédant sous cette neige inattendue rompait le silence. Tout comme l’hermine, le renard ou le chevreuil, j’affronte le froid, mal équipé. Mais comme chaque année, la valse des flocons m’émerveille. Le nez en l’air, j’aperçois quelques passereaux prenant la direction du sud. Entre les grives et les pinsons, un bruants jaune bat de l’aile face au vent d’altitude. Une bourrasque le pousse vers un sapin isolé. Résigné, il attendra une accalmie pour reprendre la route.